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IFA, AFA, FA, Art divinatoire , Aire culturelle Adja tado, Yoruba-nago

CLASSIFICATIONS
Patrimoine Immatériel
N/A
Connaissances de la Nature et Croyances
Architecture mixte
STATUT INSCRIPTION
Pas d'informations sur l'inscription sur liste indicative nationale.
Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Non défini.
DESCRIPTION

FA ou IFA ou AFA

tableau geomantique
Adja-Tado,Kutamaku,Yoruba-Nago
Atlantique-Littoral,Mono-Couffo,Oueme-Plateau,Zou-Collines
Fon, Goun, Guen, Yoruba, Nago, Idatcha, Maxi

 

Le Fa est un système divinatoire originaire du Nigéria et utilisé par les populations du Bénin dans un but de s'informer sur ce que leur réserve l'avenir ou sur des problèmes précis. C'est aussi un moyen utilisé pour avoir des explications sur des phénomènes de la nature, des comportements d'une personne, le devenir d'une activité, l'avenir en général. Il est dit et pratiqué par le "babalao" chez les Yoruba ou le "bokonon" chez les Fon et Guen. Le Fa est une entité qui fait appel à 16 signes appelés DU et qui à leurs tours donnent naissance à 256 autres signes. Chaque consultation du Fa met en exergue chacun de ces signes qui véhiculent une littérature,une éthique, du spirituel et un savoir thérapeutique.

Le Fâ est une science divinatoire utilisée dans le golfe du Bénin par les populations en prévision de l'avenir ou lorsqu'ils sont sujets à des difficultés.

Dans l'un ou l'autre des cas, on le consulte pour différentes raisons :

-  à la naissance d'un enfant ( yé nan kan Afodjèto), pour les enfants âgés, généralement de 0 à 6mois, pour savoir sa ligne de vie ou son destin, ce que la vie lui réserve.

- pour avoir le Djoto de l'enfant '' yé nan kan djoto'' ( chercher l'ancêtre sous lequel l'enfant s'est réincarné ou celui qu'il incarne car on suppose que chaque être est la réincarnation d'un ancêtre.) On pourra ainsi connaître les caractères, les comportements, les aptitudes de l'enfant à l'avance.

- également le fâ ''yé nan yi fâ'' pour les Hommes et on parle précisément de ''sin fa'' pour la femme car on suppose que c'est un rituel qui nécessite beaucoup de moyens et qu'elle peut se contenter de cette étape, et ''tè fa'' pour l'homme.

- pour finir, il y a aussi le fait de ''lè fa'' (laver le fâ) rituel d'entretien du fâ.


En dehors de ces grandes étapes qui rentrent dans la pratique du fâ, il y a ce qui est usuel et très courant '' yé ni kan fâ'' (Aller consulter le fâ).

La consultation du fâ intervient donc à différentes occasions et pour différentes raisons. Selon que l'on ait recourt au fâ pour une raison ou pour une autre, la procédure n'est pas la même. Dans les cas où on doit ''kan fa'','' lè fa'', ''Kan afodjèto'', le bokonon peut être seul et la cérémonie est très simple. Dans ces premiers cas, il utilise son chapelet (appelé AKPLEKAN chez les fons et AGOUMANGA chez les yoruba Nago) ou les noix de colas. A ces occasions, il chante, il prononce des incantations, dit des proverbes mais surtout, il raconte les mythes du fâ.

S'agissant de ''kan djoto'' ou ''yi fa'', la cérémonie est beaucoup plus grande et fait intervenir d'autres acteurs tels que d'autres Bokonons invités pour l'occasion. Selon les besoins, ils peuvent être des aînés ou non et sont sollicités pour leurs expertises. Toutefois, le collège est présidé par le bokonon en chef, ou le Babalao. Il y a également les Favis (assistants qui ne sont rien d'autres que les bokonons en devenir ou en formation) qui ont pour rôle d'aider les bokonons en faisant les petites courses ou en remplissant d'autres tâches et les "tangninons" ( tantes) qui se chargent de préparer les repas d'accompagnement des cérémonies.

Il y a par ailleurs, des chants et des danses pour accompagner les cérémonies qui durent plusieurs jours. Notifions que ces cérémonies elles-mêmes ne reposent plus sur le fâ mais découlent du diagnostic du fâ posé lors de la consultation. Concernant la consultation, elle est faite suivant deux méthodes, à savoir la méthode du "akplèkan" ou "Agoumaga" qui n'est autre que le chapelet qui à l'origine, était composé de cauris, la monnaie de l'époque, reliés les uns aux autres par un fil tissé. Mais aujourd'hui, il peut être composé soit de noix de pommes sauvages ou de noix de avini ou de noix de palme, voire même des capsules. La seconde méthode utilise plutôt des graines de palme encore appellées les noix sacrées. Encore appellé ''le grand jeu'' par Julien ALAPINI dans son ouvrage intitulé Les noix sacrées, cette méthode utilise au total 18 noix de palme polies. En lieu et place du chapelet. Le prêtre fâ, lors de la consultation, lance les 18 graines et selon qu'elles retombent sur leurs faces concaves ou convexes, pose son diagnostique et peut l'approfondir davantage. Notifions que cette méthode très originale est celle des grandes occasions et à un caractère spéciale; elle se présente sous deux formes: Le du Fâ "alodokpo" ( le fâ avec une main) ou Le du Fâ "Alowé"( le fâ avec les deux mains) .

Concernant la consultation proprement dite et, selon qu'on veuille utiliser l'une ou l'autre des méthodes, le consultant à son arrivée donne une petite somme au Bokonon qui la dépose aussitôt à côté de lui, en ajoutant soit un fruit du bonduc ( appelé communément "adjikouin"), soit une cauris. Le visiteur assis en face de lui, ramasse le fruit, l'approche de ses lèvres et lui confie sa préoccupation et le dépose. Le bokonon prend alors son chapelet (ou les noix) et le lance. Les éléments du chapelet retombent soit en face concave ou convexe. La face concave (celle ouverte d'un demi-noyau ) est représentée par un trait vertical (I) et celle convexe (celle tournée vers le haut) est représenté par deux traits verticales( I I ). Les consultations sont suivies de recommandations du bokonon voire des sacrifices que le visiteur doit faire avec ou sans le prêtre pour obtenir satisfaction.


 


Selon Pierre SAULNIER qui s'est inspiré de Bernard MAUPOIL dans "La géomancie à l'ancienne côte des esclaves", le Fâ viendrait de Perse, par l'Egypte,d'où il aurait migré d'une part vers Madagascar et d'autre part vers la ville sainte d'Ifê au Nigéria. "C'est de cette région qu'il aurait gagné les côtes du Bénin et du Togo actuels" Sma, dans "Vodun et destinée humaine".

Dah Djissa François, Bokonon et descendant du Babalao Adélèyè d'Ilé Ifê qui nous donne ici l'historique situe son introduction précise au Bénin sous le règne du roi Dossou AGADJA vers 1929 dans le royaume d'Abomey. Selon Dah Djissah, Ce roi ayant usurpé le trône à sa soeur Nan Hangbé au décès de leur mère, s'est attiré le mécontement, la colère , la foudre et de sa soeur et des ancêtres. La sécheresse, la famine sévissent fortement et les Agbomenou étaient en proie à de grandes difficultés. Celà dura presque 8ans. Le roi en quête de solutions, mais ayant déjà consulté en vain les dieux aux travers des bo ( puisque c'était la méthode de divination de l'époque ), avait été informé du fait qu'il y aurait des devins au Nigéria dotés de grands savoirs et qui pourraient le renseigner sur les causes et les phénomènes de la nature.

Il aurait alors décidé d'envoyer l'un de ses fils, DAKO dans le royaume Ilé Ifè du Nigéria. Il aurait fallut trois ans au prince pour comprendre la langue du terroir qui est le Yoruba, s’imprégner de la culture du milieu et surtout gagner la confiance des uns et des autres avant de pouvoir révéler l'objet de sa visite. Acquis à sa cause et désireux de l'aider, l'un des grands devins du royaume d'Ilé Ifè, précisément de OGBOMOUCHO, dont le nom est Adélèyè aurait décidé de le suivre dans son royaume afin d'aider celui-ci à détecter la cause de son malheur et à le corriger. De retour au royaume du Danxomè, à Canan, le grand devin Adélèyè, demanda au roi de lui dire ses préoccupations. Il consulta ensuite le fâ. Il aurait diagnostiqué alors que le royaume avait des problèmes dont les sources était la colère, le mécontentement de Nan Hangbé et des ancêtres. La solution selon le devin était que Agadja puisse demander publiquement des excuses à sa soeur . Ce qui fut fait et des sacrifices furent programmés. Adélèyè aurait ajouté qu'à l'issue de tout cela, les pluies absentes depuis 8ans reviendraient de même que la prospérité.

Le roi dubitatif n'y croyait pas mais à peine le dernier sacrifice achevé, la pluie aurait commencé. La cérémonie aurait duré 3 jours et 3 nuits à l'issue desquels le roi convoqua tous les grands dignitaires, princes et princesses et tous les bonons (ceux qui pratiquaient le Bo, la divination de l'époque). A cette grande assemblée, il aurait décidé alors d'abolir le bo(différent du bo = gris-gris) et d'adopter ce nouvel art divinatoire. Il aurait aussi décidé de nommer ce grand devin, Djissato (vendeur de pluie) d'où la lignée des Djissah et de mettre à son service tous les bonons du royaume afin qu'ils apprennent cet art qui a fait ses preuves et qui de toute évidence était beaucoup plus efficace que le bo. Le titre de '' bonon'' disparait alors pour faire place au Bokoto ou Bokonon ( celui par qui le bo a été aboli ou refusé). Depuis ce jour, la pratique du fâ a été enseignée et transmise dans tout le sud du Bénin par la famille Djissa au sein de laquelle, on dénombre plusieurs Bokonons.

Dans le ''fâ ki kan'', il y a un bokonon ou babalao comme l'acteur principal. Il peut avoir la quarantaine et plus. Dans les grandes cérémonies où l'on fait appel à tout un collège de praticiens, il y a un babalao en chef qui préside. Il n'a pas un âge fixe mais son titre lui vient de ses années d'expérience et de sa grande expertise. Il peut être le plus âgé mais pas obligatoirement. Tout le collège est assisté par des Favis (bokonons en formation) et par les tangninnons ( toujours des femmes âgées et sages de la famille). Cependant, elles peuvent être relativement jeunes faute d'une plus âgée mais elles sont déjà formées et détiennent les connaissances nécessaires.
"Les fabriquants de tambours, de gon et autres
-les couturiers
-les organisateurs de cérémonie
-les danseurs"
Conditions d'accès: Pour consulter le fâ, il n'y a pas un âge donné mais souvent, ce sont les parents qui le font pour eux-mêmes ou pour leurs enfants.
La pratique du fà du côté des initiés répond à des échelons et grades. Mais tout ceci, est tenu au secret et réservé aux initiés.
La transmission se fait de père en fils dans certaines familles, mais quiconque veut s'initier peut s'approcher d'un praticien ou de plusieurs pour acquérir les connaissances par compagnonnage.

L'accès au fâ pour en devenir praticien se fait par compagnonnage mais ce compagnonnage fait appel à plusieurs étapes où on retrouve des rituels selon les échelons à gravir. Ceci étant sous le sceau du secret cultuel, nous ne pouvons nous permettre de lever le voile sur ces pratiques coutumières.

ELEMENTS MATERIELS ET IMMATERIELS ASSOCIES
cauris, noix sacrés, chapelets
VIABILITE
Non défini.
Le Fâ comme comme art divinatoire n'est pas en réalité menacé. Mais c'est la qualité des praticiens qui fait défaut. Car les faux bokonons pillulent de plus en plus. De plus, avec la floraison des églises et la diversité des croyances , les adhésions se font de moins en moins car les adeptes des nouvelles religions considèrent que ce sont des pratiques occultes.
Si de réelles menaces n'existent pas concernat la pratique elle-même, il en existe sur la transmission. Dans la forme, le système de compagnonage tend à disparaître et la gratuité de l'école ne permet plus de prendre les enfants en jeune âge en apprentissage. Dans le fonds, compte tenu du fait que tout repose sur l'oralité, les savoirs et connaissances liés à la pratique risquent de disparaître si on ne les conserve pas sur des supports et procéder à l'archivage des informations sur le sujet.
La pratique du fâ a beaucoup évolué. Des recherches se font et de nouveaux mythes naissent. De nouvelles adaptations sont faites et donc la pratique connaît une évolution. De plus, les praticiens intègrent de nouvelles façons de faire, bien que le fonds reste le même.
Evolution sur les éléments matériels : Les éléments matériels ne sont pas menacés mais compte tenu du moment, la matière ou les éléments qui les composent, se modernisent pour s'adapter plus facilement. C'est le cas des cauris qui ont disparu puisque n'étant plus utilisés comme une monnaie et sont remplacés par les avini ou les noix de pommes sauvages. Cependant, les noix de palme continuent d'être utilisées dans certaines occasions bien que cela soit fastidieux.
Mesures de sauvegarde connues : En terme de sauvegarde, compte tenu du caractère oral des traditions et de l'avis des praticiens et chercheurs, l'on envisage la construction d'un institut ou d'une faculté qui se chargera de former des babalaos ou bokonons et aussi de faire des recherches sur le Fâ afin qu'on puisse exploiter cet art de façon pratique en terme de remède (thérapies)ou de savoir-faire.

Projets liés connus: Pas de projets liés connus"

La grande question est de savoir comment exploiter ce savoir pour qu'il puisse profiter beaucoup plus amplement sans que l'on soit pour autant des adeptes d'un culte car le fâ est et dit une réalité,quitte à ce qu'on n'y croit ou pas. L'autre question soulevée par les personnes ressources est qu'il existe un parallèle avec la mathématique, avec l'informatique, la philosophie. Il faudrait donc songer à trouver la formule qui rendre tous ces éléments exploitables et donc pouvant être mis sur le marché et vendu.
BIBLIOGRAPHIE
Vodoun et destinée Humaine
Pierre SAULNIER
Le Code de vie du primitif tome 1,2, 3,4
Basile Adjou-Moumouni
Les épouses du fà
Mahugnon KAKPO
Culture et Tradition au Bénin. Le Guèlèdè, Le Vodoun suivi de
Fondation ATEF OMAIS
Les Carnets FATOM
Les résultats disponibles sont les résultats du travail du projet "Patrimoine Bénin" (environ 500 éléments dans tout le Bénin), du projet PaCTE (environ 750 éléments dans le département de l'Ouémé) et de bénévoles (50 fiches cuisine, danses, ...). Le contenu n'est donc pas exhaustif:  Suggérez, nous rajouterons! (envoyez-nous un message, lien "Contact").

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